Jeudi 5 août 2010 4 05 /08 /Août /2010 19:36

au fond de mon jardin, dans un coin assez excentré, qui donne sur les immeubles d'en face. Je suis bien, seul sur mon hamac où je me prélasse, doucement, les rayons du soleil qui me caressent, brillant sans cesse en cette journée de paresse (un dimanche hors d'une paroisse), là où le camion de glaces devient l'endroit où je me confesse...

 

J'ai coupé mon Blackberry, ai apporté mon bermuda Burberry avec un bol de strawberries au sucre vanille pour le côté classe. Efficace, pour les grands instants où je rêve d'étaler mes richesses, montrer que je prends de la place dans cette société aux coeurs de glace, devenue aussi dure que le plexiglas...

 

Jusqu'ici, l'odeur du bitume coupé à la mélasse ne me dérangeait point. Mais voilà que cela me lasse, vite, lorsque j'en ressens les effluves, qui me laissent des odeurs aussi amères que la réglisse.

 

- Désolée pour la mélasse ! s'écria ma voisine, un brin Boniface sur cette réplique...

 

- Que voulez-vous qu'j'y fasse ? répondis-je, mi-énervé pour ne pas perdre la face.

 

Mais voilà que la bougresse se mit à plonger dans sa piscine avec ses grosses fesses. Puis qu'elle éclabousse mon bermuda, mes fraises et ma jolie montre Alessi.

 

Et mon Blackberry aussi. Qui contient ma puce SFR...

 

- Connasse ! m'exclamai-je. Réponse de grand Noir, à l'ânesse grand noir du Berry...

 

Et là de voir l'anti-bombasse, vilaine Raiponce, princesse priceless de son état, revenir devant ma canisse. Et d'aboyer comme un caniche.

 

- Kiss my ass ! m'a t-elle dit, dans un anglais hésitant. On avait frôlé le gallicisme, sans aucun doute.

 

Mais moi je m'en foutais, dans le fond, de la pouffiasse, l'idiote qui se croyait moderne avec ses idiomes. Je la trouvais vieille fille, usé comme un amortisseur Monroe, Marilyn comme idole. Son français se composait de vieux mots comme « jocrisse », « jacasse » ou « pédéraste », ce qui me faisait doucement rire.

 

J'ai donc décidé de me moquer de l'ogresse (une dernière fois).

 

- Les chaussettes de l'archiduchesse sont archi-sèches ! Elle a besoin d'un architecte pour ravaler sa façade, en payant par chèque un achat de DHEA ! m'exclamai-je, sûr de moi.

 

Supervixen s'en alla, en m'adressant un doigt d'honneur. Disparue, inexistante, comme une vuvuzela au Venezuela.

 

Je l'avais sans doute vexée sur le coup.

Par Karim TOUNKARA - Publié dans : LE QUOTIDIEN - Communauté : manuscrits en ligne (romans)
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Dimanche 11 juillet 2010 7 11 /07 /Juil /2010 21:48

Mon chéri, mon amour, je t'aime, et tu le sais. Tu le vois chaque jour, à travers mes pauvres yeux demandeurs, quémandeurs du moindre sentiment, du moindre amour que tu daignerais porter à mon égard. Tu sens tout cela en moi, sens toute cette attention que je te porte, sais que mon désir pour toi n'a jamais failli, n'a jamais bougé d'un iota depuis toutes ces années. Tu t'évertues tout de même à jouer les indifférents, sans doute pour ta satisfaction personnelle, ou pour la jouissance que tu dois ressentir, de voir une pauvre femme, comme moi, languir d'amour pour un être qui s'en désintéresse totalement.


Voilà pourquoi ce soir, j'ai décidé de te rendre jaloux.


Oui, je veux te rendre jaloux, en arborant cette tenue érotique, aux accents chimiques, éclectiques. Je veux m'abandonner aux regards, exotiques de gens qui me sont inconnus, avec toi comme spectateur, privilégié. Je veux te voir devenir rouge de fureur, frustré devant tous ces regards croqueurs, d'hommes qui sauront me séduire, me dire ce que j'espérais tant entendre sortir de ta bouche. Je veux que tu les vois baver sur ma plastique, mon corset et mes bas élastiques, et que tu en deviennes malade, si bien que tu en seras pris de tics, comme piqué par une tique, électrique. Je serai l'as de pique, la carte chanceuse, tandis que tu seras le pauvre mari éconduit, venant de découvrir à quel point sa femme est désirable.


Je veux te rendre misérable, susciter tes bas instincts. Te voir primaire, sauvage dans tes plus simples habits d'Homo Sapiens.

Par Karim TOUNKARA - Publié dans : L'AMOUR - Communauté : manuscrits en ligne (romans)
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Vendredi 9 juillet 2010 5 09 /07 /Juil /2010 21:02

Toi et moi c'était plus que le destin, lorsque je t'ai vue pour la première fois au fond de cette salle, te rongeant les ongles par ennui, sans doute pressée de rentrer chez toi après une longue journée de travail. Tu marchais à grands pas vers la gare, sans doute prête pour le RER et ses heures de pointe. C'est d'ailleurs là que je t'ai retrouvée, sur le quai, le nez plongé dans ce magazine que tu n'as pas pu terminer ce matin, étant donné que tu avais pris le train de huit heures quarante-et-un...


Et puis nos regards se sont croisés. Tu t'es mise à rosir puis à rougir, et je me suis mis à sourire, instantanément. J'ai commencé à te parler de la journée harassante d'aujourd'hui, puis de la chaleur ambiante et de la météo du lendemain. Je savais que tu t'en fichais, moi aussi d'ailleurs. Je cherchais juste le moyen de me rendre intéressant, intelligent à tes yeux, car tu me paraissais si différente, si douce avec ton joli minois, ta petite taille et tes cheveux fins.


Jour après jour, on s'est donc surpris à parler de tout et de rien, de potins, de politique, voire de logarithmes... Du coup, je commençais à me sentir proche de toi. Et tu le savais. Mes amourettes devinrent des sentiments, tu le sentais. Alors tu riais, tu ricanais. Tu pensais que j'étais fou, lorsque tu allais sur mon blog, et que tu lisais les déclarations d'amour enflammées qui t'étaient destinées, comme de grandes flèches d'amour pointées sur ton coeur. Tu te marrais comme une baleine avec tes copines sans savoir que, toi aussi, tu commençais à ressentir quelque chose pour moi. Et moi de faire semblant, comme si de rien n'était, de nier tous mes états d'âme.


Tu t'étais pourtant jurée de ne jamais tomber amoureuse, parce que tu pensais que tous les hommes étaient grossièrement les mêmes... Religieusement, tu écoutais tous les déboires sentimentaux de ta pauvre grande soeur, qui te conseillait de rester vieille fille pendant qu'elle te suggérait de te caser vite fait, à croire que, finalement, ton cas semblait préoccupant. Pour faire face, tu jouais alors les indifférentes, les filles indépendantes. Mais tu rêvais en secret du prince charmant, tout en étant persuadée qu'il n'existait pas, qu'on le trouvait uniquement dans les bons vieux contes de fée, sans te douter une seconde qu'il prendrait mes traits...


Tu as refusé de le voir, en te disant « Pourquoi moi et pourquoi pas une autre ? » A l'époque, tu ne savais pas que l'on n'expliquait pas les sentiments, et que le coeur avait ses raisons que la raison ignorait, définition même de la passion.


Mais malgré ça, on s'est tout de même laissé une chance. On a laissé jouer les violons, afin de faire taire les mauvaises langues...


Tu t'es alors rendue compte que je t'aimais, sincèrement, et surtout à quel point je n'avais jamais cessé de t'aimer. Tes chevilles se sont alors mises à enfler, lorsque tu as découvert que ta meilleure copine te jalousait... Et moi de me sentir chanceux, lorsque je savais que mon coeur battait en permanence pour le tien, tout en sachant que, quelque part, c'était toi que j'attendais. Puis de savoir que je ne m'étais jamais trompé à notre sujet...


Toi et moi, c'était plus que le destin : c'était une évidence.

Par Karim TOUNKARA - Publié dans : L'AMOUR - Communauté : manuscrits en ligne (romans)
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Mercredi 30 juin 2010 3 30 /06 /Juin /2010 21:49

Et si je n'arrive pas à te conquérir beauté, alors je te toucherai avec mes propres mots.


Ils seront comme le reflet de mes sentiments. Ils sauront te dire les choses, celles que je n'ai pas su te dire. Te feront comprendre ce que je n'ai pas pu te faire comprendre, en temps et en heure.


Ils agiront comme une extension de mes passions. Ils seront sincères, purs, et véridiques. Sans fard, ni voile apparent. Vrais, sortis du plus profond de mon coeur, comme une révélation venue à moi...


Ils auront le pouvoir d'une arme, celle de mon âme, qui saura te chérir et t'attendrir. Qui me permettra d'obtenir de ton amour une once, ne serait-ce un rai, qui me rendra heureux et me fera vibrer, chaque jour que ton regard croisera le mien.


Oui, je te toucherai avec mes mots. Agissant comme une déclaration d'amour infinie, qui te permettra d'y voir plus clair, lorsque le temps te révèlera tout ce que je ressentais pour toi...

Par Karim TOUNKARA - Publié dans : L'AMOUR - Communauté : manuscrits en ligne (romans)
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Vendredi 25 juin 2010 5 25 /06 /Juin /2010 19:22

Je la vois, je la regarde et je l'observe. Je l'admire et aussitôt, elle m'inspire une conquête, une envie de revivre et d'aller de l'avant.

Son visage respire la jouvence pour moi, roi d'Afrique moi, comme troublé par cette jolie princesse, asiatique, déjà promise au rang de reine, émérite. Entre elle et moi, jamais de haine : juste des regards, du respect et de la courtoisie.

Je m'attarde alors sur elle. Ses yeux bridés me débrident, et ses lèvres de poupée me donnent envie de l'embrasser, et de me laisser conquérir, moi, coeur de glace dans une armoire à glace, par le petit bout de femme qu'elle est, qu'elle laisse être...

Elle et moi, éthniquement impossible ? Du moins sur le papier... Je le sais et je le sens, comme une mauvaise intuition, une chose qui me poursuit sans cesse, éthiquement impossible. On vous rejouerait simplement John et Yoko, amants légendaires, mais sans la légende et le glamour...

Quelque chose de baroque, de rococo voire démodé, techniquement impossible.

Mais c'est cela qui m'attire vers elle, qui me donne cette envie de la protéger, elle, lorsque je la perçois si frêle, si fragile. De la serrer dans mes bras, elle, puis de lui dire ô combien je suis amoureux, d'elle, puis de la couvrir sous mon aile elle, pour lui faire comprendre que nous sommes faits l'un pour l'autre.

Que nos deux royaumes se rejoignent, afin de ne former qu'un seul empire : celui de l'amour et des dynasties passionnées...

Par Karim TOUNKARA - Publié dans : L'AMOUR - Communauté : manuscrits en ligne (romans)
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