au fond de mon jardin, dans un coin assez excentré, qui donne sur les immeubles d'en face. Je suis bien, seul sur mon hamac où je me prélasse, doucement, les rayons du soleil qui me caressent, brillant sans cesse en cette journée de paresse (un dimanche hors d'une paroisse), là où le camion de glaces devient l'endroit où je me confesse...
J'ai coupé mon Blackberry, ai apporté mon bermuda Burberry avec un bol de strawberries au sucre vanille pour le côté classe. Efficace, pour les grands instants où je rêve d'étaler mes richesses, montrer que je prends de la place dans cette société aux coeurs de glace, devenue aussi dure que le plexiglas...
Jusqu'ici, l'odeur du bitume coupé à la mélasse ne me dérangeait point. Mais voilà que cela me lasse, vite, lorsque j'en ressens les effluves, qui me laissent des odeurs aussi amères que la réglisse.
- Désolée pour la mélasse ! s'écria ma voisine, un brin Boniface sur cette réplique...
- Que voulez-vous qu'j'y fasse ? répondis-je, mi-énervé pour ne pas perdre la face.
Mais voilà que la bougresse se mit à plonger dans sa piscine avec ses grosses fesses. Puis qu'elle éclabousse mon bermuda, mes fraises et ma jolie montre Alessi.
Et mon Blackberry aussi. Qui contient ma puce SFR...
- Connasse ! m'exclamai-je. Réponse de grand Noir, à l'ânesse grand noir du Berry...
Et là de voir l'anti-bombasse, vilaine Raiponce, princesse priceless de son état, revenir devant ma canisse. Et d'aboyer comme un caniche.
- Kiss my ass ! m'a t-elle dit, dans un anglais hésitant. On avait frôlé le gallicisme, sans aucun doute.
Mais moi je m'en foutais, dans le fond, de la pouffiasse, l'idiote qui se croyait moderne avec ses idiomes. Je la trouvais vieille fille, usé comme un amortisseur Monroe, Marilyn comme idole. Son français se composait de vieux mots comme « jocrisse », « jacasse » ou « pédéraste », ce qui me faisait doucement rire.
J'ai donc décidé de me moquer de l'ogresse (une dernière fois).
- Les chaussettes de l'archiduchesse sont archi-sèches ! Elle a besoin d'un architecte pour ravaler sa façade, en payant par chèque un achat de DHEA ! m'exclamai-je, sûr de moi.
Supervixen s'en alla, en m'adressant un doigt d'honneur. Disparue, inexistante, comme une vuvuzela au Venezuela.
Je l'avais sans doute vexée sur le coup.
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