Dimanche 13 février 2011 7 13 /02 /Fév /2011 19:18

 

Assis près de cette commère,

Je suis comme Homère.

Comme coincé dans cette galère,

aux allures de birème,

qui rame,

comme celle de la ligne trois,

et qui fonce sans états d'âme,

tel le cheval de Troie.

 

Le mobile devient alors ma ruse,

face à cette si jolie muse,

métisse, belle aux yeux d'améthyste,

jolie nymphe aux allures de Mètis,

qui me rend faible, séduit comme Ulysse le fut, jadis.

 

J'ai besoin d'un remue-méninges

pour faire sourire la sirène,

dans ce remue-ménage,

fait de rires et de sirènes.

Et d'une variante contextuelle,

pour faire craquer la belle.

 

Balavoine dans mon baladeur,

Hermès comme mon seul mentor,

son parfum pour me rendre narcissique,

pour la séduire d'un art si chic.

 

Puis je vois mon dessein s'escagasser,

crescendo, lorsqu'elle descend du métro,

et me zappe aussitôt,

telle la maudite Calypso,

descendue de son piédestal...

Par Karim TOUNKARA - Publié dans : LE QUOTIDIEN - Communauté : manuscrits en ligne (romans)
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Vendredi 17 décembre 2010 5 17 /12 /Déc /2010 17:47

 

Rien de plus beau que de te voir, endormie, étendue sur le sol, jonchée, comme perdue dans tes rêves. Je te regarde et tu me sembles, si belle et si pure, naturelle dans tes habits de Morphée. Ton innocence inconsciente me séduit, et me fait percevoir en toi un être fragile, capable de captiver tous mes sentiments. J'aime voir le vent emporter tes cheveux et les déposer, dans un mouvement incessant, redondant, rendant tout ceci pittoresque comme une fresque, te révélant si fraîche et si dantesque à la fois. Insouciante.

 

Ta posture te rend ton âme d'enfant. Je m'amuse, alors à imaginer la jeune fille que tu étais. Sans doute agitée, adulée et aimée de tous. Heureuse, dans ses robes longues et qui, courant à travers des champs infinis, ne se souciait guère du temps, imparti. Intemporelle. Je me surprends alors à désirer, te regarder comme cela pendant des heures, sans que tu t'en aperçoives. Contempler la brise te caresser les lèvres, puis t'arracher un plissement nerveux. Comme une gêne que tu exprimerais, geste de pudeur dans ce tableau si beau, cette œuvre magnifique. Toi. Tout simplement toi, mon amour.

Par Karim TOUNKARA - Publié dans : LE TEMPS - Communauté : manuscrits en ligne (romans)
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Mercredi 24 novembre 2010 3 24 /11 /Nov /2010 21:37

 

Ce n'est pas moi qui ai choisi, à mon si jeune âge, de me retrouver face à la mort. Ce n'est pas moi qui ai choisi ce fond, choisi le fait d'évoluer et de me fondre près de ces terrains plats, fades et minés. Ce n'est pas moi, non plus, qui ai choisi ce décor, ces images. Et tous ces drames, qui me perturbent tant encore aujourd'hui.

 

La cause s'en est chargée à ma place.

 

Je lui ai fait serment d'allégeance lorsqu'elle est venue me chercher, au détour d'un jour pourtant ordinaire, qui avait débuté sans histoires, sans le moindre nuage dans le ciel. Mais voilà que des chamailleries apportèrent leur lot de drames, des broutilles leur lot de larmes, au beau milieu de ma paix, celle que j'avais osé croire éternelle l'once d'un instant.

 

Elle s'en trouva écrasée puis détruite, à l'image de tous ces chars qui ne tardèrent pas à emporter tous nos souvenirs, avant de les disperser comme sans doute nos futures cendres, comme pour nous prévenir de ce qui nous attendait, de ce que nous allions devenir. Sans doute de ce qu'il resterait de nous, une fois l'orage apaisé.

 

Alors la cause s'empara de moi. Elle devint mon nouveau compagnon de route, mon nouvel allié, ma nouvelle famille. Elle me disait comment faire, comment agir, comment réfléchir. Comment résister, comment ne pas baisser les bras. Comment ne pas fléchir, comment ne pas faiblir, comment rester fort, comment ne pas pleurer. Comment me défendre. Comment vaincre. Puis comment triompher.

 

Oui, je crois que j'ai finalement tout donné pour la cause. Mais, saura t-elle me renvoyer l'ascenseur ?

Par Karim TOUNKARA - Publié dans : LE TEMPS - Communauté : manuscrits en ligne (romans)
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Mercredi 6 octobre 2010 3 06 /10 /Oct /2010 22:59

 

...je me fuis. Je m'enfuis, tourne le dos puis m'esquive, sans me retourner, sans la force de me regarder de nouveau dans la glace. Car je ne suis pas belle aujourd'hui. Je le sais et ça se voit.

 

Pas besoin d'un traducteur, ou d'un dictionnaire des émotions pour décrire vos aversions. Je les lis sur l'expression de vos visages, vos grimaces, la brillance de vos yeux dégoûtés, de voir la laideur, lui gâcher la vue d'un si beau paysage. Car je sais que vous savez que je sais...

 

Cette même émotion, je la ressens à travers les mots de mon copain. Qui me parle d'amitié, là où je lui parle d'amour. De routine, là où je lui évoque la passion, habituellement. Car je sais qu'il sait que je sais. Alors il me pense immature, ne me croit pas prête pour être la femme, mère des enfants qu'il désirerait tant...

 

Du coup je rase les murs, tout de noire vêtue. Évolue dans un univers monotone, aux couleurs monochromes. Touche de vieux vestiges, comme si je voulais retenir le temps puis rêvasse un instant, qu'il me ramène vers mon enfance, là où j'étais si douce, si pure et innocente.

Par Karim TOUNKARA - Publié dans : LE QUOTIDIEN - Communauté : manuscrits en ligne (romans)
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Mercredi 8 septembre 2010 3 08 /09 /Sep /2010 19:52

Pour toi je veux laisser entrouverte, la porte de mes souvenirs comme une image, que je ne voudrais pas voir se figer. Une aquarelle malléable, changeante au gré de mes envies, qui ne retiendrait que le meilleur de nous deux, finalement.

 

Là où l'évocation de tes baisers feront alors renaître en moi, dans mes réminiscences, tout l'amour que j'avais pour toi. Toute cette science, cet art qui consistait à te mettre dans l'aisance, blottie contre moi lorsque je soignais tes peines. Cette fidélité passionnelle, qui m'envenimait chaque jour et qui me faisait dire que tu étais la femme de ma vie, celle qui était faite pour moi ici bas...

 

Je veux préserver les ombres blanches, qui me guideront aux belles souvenances, celles de ton sourire et de tes regards complices, ces petits détails, ces bribes de pensées qui me reviennent par moment, demeurant comme un rai, de lumière qui m'amènera tout le temps vers toi, vers cette chance que j'avais de t'avoir près de moi.

 

Je veux faire l'impasse sur tes silences, tes indifférences qui te saisissaient lorsque tu doutais de ma tendresse. Je veux tout laisser dans l'ombre, comme si cela n'avait jamais existé. Un peu comme une plaie transparente. Dont je ne ressens plus la douleur.

Par Karim TOUNKARA - Publié dans : L'AMOUR - Communauté : manuscrits en ligne (romans)
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